Les nerpruns sont des arbustes retrouvés le long des routes, sur le bord des cours d’eau, dans les boisés et les terres en friche, le nerprun cathartique est cependant plus souvent retrouvé en milieu urbain. Certaines caractéristiques permettent de  les distinguer. Le nerprun cathartique possède des feuilles opposées finement dentelées et les nervures sont arquées vers le haut de la pointe recourbée. Également, des épines sont présentes à l’extrémité des rameaux. Le nerprun bourdaine possède des feuilles alternes non dentelées à nervures droites. Son tronc est couvert de lenticelles blanches très proéminentes. Les deux espèces peuvent atteindre une hauteur entre 2 et 3 mètres. En Estrie, certains gros spécimens peuvent atteindre une hauteur de 8 mètres.

 

Les deux espèces sont très prolifiques et envahissent rapidement les sous-bois. Le nerprun bourdaine a comme caractéristique principale de retrouver au cours de l’été sur un même plant, des fleurs et des fruits à différents stades de maturité. Le nerprun cathartique n’a qu’une seule production annuelle d’environ 1500 fruits. Les fruits des nerpruns peuvent être dispersés par les oiseaux comme l’étourneau sansonnet. Les graines peuvent demeurer en dormance dans le sol plusieurs années et former un réservoir pouvant de milliers de graines par mètre carré. La coupe mécanique ou le fauchage des plants favorise la la production de rejets de souche, jusqu’à une cinquantaine pour le nerprun bourdaine. Également, les nerpruns peuvent se propager par marcottage, c’est-à-dire l’enracinement d’une branche sur le sol, produisant un nouveau plant.

Freinons sa propagation!

  • La méthode d’éradication la plus efficace et la plus simple est sans contredit l’extraction complète des plants et du système racinaire. Elle peut être faite à la main lorsque les plants font 1 centimètre de diamètre. Au-delà et jusqu’à 5 centimètres, il est encore possible d’extraire mécaniquement le plant du sol. Une pelle peut être utilisée pour extraire le plant en creusant un trou de 30 centimètres de diamètre.
  • Le débroussaillage comme seule méthode d’éradication du nerprun bourdaine n’est pas une méthode recommandée puisqu’elle a pour effet de stimuler la repousse de rejets de souche dont la croissance peut atteindre 2 à 3 mètres par an. Si utilisé, quatre passages par été seraient nécessaires pour contrôler le nerprun.
  • Il est important de considérer que le contrôle d’un site contenant des plants matures est essentiel sur plus d’une année étant donné la présence dans le sol d’un réservoir de graines qui peuvent rester en dormance plusieurs années.
  • Contrairement à d’autres espèces exotiques envahissantes, les nerpruns ne font pas de propagation végétative. Par conséquent, les résidus peuvent être laissés sur place, introduits dans le compost ou broyés pour en faire du paillis à étendre sur une épaisseur d’une dizaine de centimètres pour contrôler la repousse de plantules de nerpruns, en combinaison avec la plantation d’espèces indigènes.
Nerprun bourdaine. Crédit photo: MDDEFP
Nerprun cathartique. Crédit photo: MDDEFP

Signalons sa présence!

Vous voulez savoir où se trouve le nerprun bourdaine ou le nerprun cathartique ou signaler une colonie ? L’outil de détection SENTINELLE du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques permet de faire et de consulter les signalements de plantes et des animaux exotiques envahissants les plus préoccupants, dont le nerprun.

Accès à l’outil web
Applications mobiles Androïd et iOS

Infos

Geneviève Pomerleau, biologiste
Responsable des activités sur les espèces exotiques envahissantes au CREE
819 821.4357 #6