En pleine expansion au Québec, la renouée du Japon, communément appelée bambou japonais, est une plante vivace à tiges creuses pouvant atteindre 3 mètres de hauteur. Les feuilles ovales ou triangulaires, sont alternes et forment des zigzags caractéristiques. Les fleurs blanches en grappes apparaissent à la fin de l’été. Formant des peuplements très denses, cette plante envahit les rives, les milieux humides, les fossés routiers et les milieux ouverts et perturbés, nuit à la biodiversité et occasionne des dommages aux infrastructures.

 

Considéré comme l’un des cent pires envahisseurs sur la planète, la Renouée du Japon doit cette renommée à ses modes de reproduction très efficaces. Le plus utilisé est sans contredit la propagation végétative. Près des deux tiers de la biomasse d’un plant se trouve dans le sol dans un important réseau de rhizomes, qui s’étend de 1 à 3 mètres de profondeur et jusqu’à 10 mètres de diamètre. La plante peut également se propager par les fragments de rhizomes ou de tiges. Un fragment de rhizome d’un centimètre (7 grammes) peut former un nouvel individu. La reproduction sexuée est également présente chez la renouée du Japon. Auparavant la maturation des graines était stoppée par l’arrivée des gels d’automne. À la faveur de l’allongement de la saison de croissance dans le sud du Québec, la renouée du Japon produit désormais des graines avec un taux de viabilité entre 40 et 60%.

Freinons sa propagation!

  • La méthode la plus efficace pour des petites superficies est l’extraction manuelle. Dans le cas où la superficie ou la taille des tiges rend l’extraction difficile et coûteuse en ressources humaines, il peut être avantageux de procéder à l’excavation à l’aide de machinerie légère.
  • La coupe répétée sur plusieurs années peut contribuer à réduire la superficie de la colonie et la biomasse des rhizomes. Elle doit être répétée aux deux semaines pendant l’été.
  • L’application d’une barrière physique consiste à couper les tiges au ras du sol puis à recouvrir le site d’une membrane noire. La méthode doit être utilisée sur plusieurs années et un suivi doit être réalisé régulièrement afin d’arracher les repousses. Cette méthode fonctionne mieux sur les sites ensoleillés. Au retrait de la membrane, le site doit être revégétalisé par des espèces indigènes à croissance rapide.
  • Enfin, la gestion des résidus doit être rigoureuse. Ils doivent être mis dans des sacs étanches et envoyés au site d’enfouissement.

Signalons sa présence!

Vous voulez savoir où se trouve la renouée du Japon ou signaler une colonie ? L’outil de détection SENTINELLE du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques permet de faire et de consulter les signalements de plantes et d’animaux exotiques envahissants les plus préoccupants, dont la renouée du Japon.

Accès à l’outil web
Applications mobiles Androïd et iOS

Crédit photo: F. Macdonald, MNRF
Crédit photo: Espace pour la vie (Sylvie Maurice)

La renouée du Japon

Infos

Geneviève Pomerleau, biologiste
Responsable des activités sur les espèces exotiques envahissantes au CREE
819 821.4357 #6